Walid Regragui revient sur la finale chaotique de la CAN entre le Maroc et le Sénégal

L’ancien sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, est revenu sur le feuilleton interminable autour de l’attribution de la Coupe d’Afrique des nations achevée en janvier par une finale polémique entre le Maroc et le Sénégal. Sur le plateau du CFC, le nouveau consultant de Canal + a notamment regretté l’image donnée au football africain et l’attitude de son ex-homologue sénégalais, Pape Thiaw.
Le feuilleton de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 n’est pas encore terminé. Alors qu’on attend toujours la décision du TAS à la suite de l’appel de la Fédération sénégalaise, l’ancien sélectionneur du Maroc Walid Regragui est revenu sur la tristement célèbre finale entre le Maroc et le Sénégal, remportée par les Lions de la Téranga sur le terrain en janvier dernier (1-0, ap), avant que la CAF n’attribue la victoire sur tapis vert aux Lions de l’Atlas deux mois plus tard.
Nouveau consultant Canal +, Regragui a été interrogé à sur le sujet dans le Canal Football Club dimanche soir. “Pour le moment, la CAF nous a attribué le titre. Maintenant, il y a le TAS (Tribunal arbitral du sport, NDLR). On va attendre la décision et on acceptera la décision du TAS d’un côté comme de l’autre”, a assuré le coach de 50 ans.
“Des choses qui n’ont rien à faire sur un terrain de football”
“Ce qui est dommage, c’est qu’elle arrive un peu tard et que ça se joue du côté administratif. Tout le monde souhaite toujours monter sur le podium et porter la coupe devant son public. Ça n’a pas été le cas parce qu’il y a eu une action qui a été extraordinaire, qui ne s’est jamais vue dans le football mondial, dans une finale continentale ou mondiale et qui a gâché la fête”, a-t-il poursuivi, avant d’évoquer le comportement des Sénégalais “qui ont quitté le terrain pendant un temps imparti”.
“Il y a des joueurs qui sont sortis du terrain. Si le règlement avait été appliqué, ils auraient pris un deuxième jaune et ils auraient dû reprendre à neuf. Le jeu a été compliqué pour les deux équipes”, a regretté Walid Regragui, presque huit mois après les événements.
Interrogé sur les scènes vues dans les tribunes ou sur le bord du terrain avec les vols de serviette des gardiens sénégalais par certains ramasseurs de balle marocains, il a reconnu qu'”on (avait) vu des choses qui n’ont rien à faire sur un terrain de football, mais des deux parties”. “Comme je l’ai dit, le grand perdant aujourd’hui, c’est le football africain. On avait une finale qui était grandiose avec les deux meilleures équipes d’Afrique sur peut-être les cinq, six dernières années. En mondiovision, on pouvait faire une fête et montrer que le football africain avait passé un step, avec des stades aux normes européennes extraordinaires.”
“J’en veux un peu au sélectionneur sénégalais”
Walid Regragui estime que cette finale a “démontré” les travers souvent reprochés au football africain et pointé le comportement de son homologue de la finale, Pape Thiaw. “C’est pour ça que j’en veux un peu au sélectionneur sénégalais parce qu’on n’a pas montré une belle image. Après gagner, pas gagner, à la fin, tu as pris une décision qui salit le football africain.”
À la question “faut-il donner ce titre ou le laisser vacant?”, l’ex-sélectionneur a répondu: “Peu importe, le TAS décidera. Moi, dès le lendemain, je suis passé à autre chose. Ce qui m’importe, comme je l’ai dit en 2022, c’est qu’on représente un continent, un football qui est dénigré parce qu’il faut dire la vérité, aux niveaux européen et mondial, il y a des comportements négatifs envers le football africain. Et sur cette finale, on a donné raison aux gens qui nous critiquent, c’est ça qui est dommage.”
Également interrogé sur les possibles primes que lui et son staff pourraient réclamer si le TAS venait à définitivement attribuer le titre au Maroc, Walid Regragui a assuré que cela ne l’intéressait pas. “Aujourd’hui, on est passé à autre chose. Il y a une Coupe d’Afrique qui va arriver peut-être dans huit mois donc on a déjà oublié. C’est un peu un fiasco cette Coupe d’Afrique des nations”, a-t-il répondu, avant de revenir sur la panenka loupée par Brahim Diaz après la longue interruption.
“Ça ne s’est jamais vu quelqu’un aller snaper dans le vestiaire”
“Si on veut débattre sincèrement, est-ce que le fait qu’une équipe soit sortie 15-16 minutes du terrain n’a pas modifié le comportement de Brahim Diaz pour aller tirer un pénalty?” s’interroge-t-il. “Quand Kylian (Mbappé) loupe le penalty contre le Maroc parce que l’arbitre a arrêté pendant deux minutes et qu’il dit qu’il a été lésé. Là, il y a eu quinze minutes pour tirer un pénalty, est-ce que ça n’aurait pas changé la chose? Honnêtement, ça ne s’est jamais vu quelqu’un aller snaper dans le vestiaire pendant quinze minutes et dire on a quitté le terrain. C’était une honte”, a-t-il poursuivi en référence à la photo qu’Ibrahim Mbaye avait postée sur Snapchat, avant de conclure par un “Aujourd’hui, tout le monde est perdant, c’est malheureux”.
Le Tribunal arbitral du sport va désormais devoir trancher le litige entre les deux nations, qui n’ont pas réussi à se mettre d’abord pour mettre en œuvre une procédure accélérée. L’audience aura lieu le 8 octobre prochain.





