vestiaire en préfabriqué, plus de monde dans le stade que dans la ville... Le SV Elversberg, plus petit club de l'histoire, débarque en Bundesliga - FlaNotícias
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vestiaire en préfabriqué, plus de monde dans le stade que dans la ville… Le SV Elversberg, plus petit club de l’histoire, débarque en Bundesliga



Alors que la Bundesliga est de retour, l’Allemagne va voir un petit nouveau débuter en première division. Le SV Elversberg, fraîchement promu, va recevoir le Bayer Leverkusen ce samedi lors de la première journée de la saison (15h30). Trois montées en cinq ans, un village sans gare ni aéroport et avec des vestiaires en préfabriqué… Florian Le Joncour, défenseur central tricolore dans ce club depuis 2024, s’est confié à RMC Sport pour décrire cet ovni du foot moderne.

Florian Le Joncour, comment définiriez-vous en quelques mots le SV Elversberg? 

C’est un petit club, dans une petite ville. Tout ce qui lui arrive depuis cinq ans est historique. Il a fait trois montées en cinq saisons. Tout ça, c’est historique. C’est un club qui a été repris par un président du cru de la ville (NDLR: Dominik Holzer, président depuis 2011 et fils de Frank Holzer qui est le directeur d’une société pharmaceutique et dirigeant historique du club depuis 1989). Il a voulu relancer le club qui était en bas. Et le travail est plutôt bien fait, parce qu’en peu de temps, il arrive à la première division nationale. C’est quelque chose d’incroyable.

Sur la ville justement, Spiesen-Elversberg, elle ne compte qu’environ 13.000 habitants et n’a même pas de gare ferroviaire, donc abriter un club de Bundesliga, ça semble fou, non?

Ouais… C’est tout petit pour l’envergure du foot. L’importance du football dans la ville est maintenant énorme. J’avoue que ça ne doit pas être évident pour les autres équipes d’organiser les déplacements chez nous (rires). Mais voilà, cette petite taille participe au côté très familial du club. Je ne passe pas énormément de temps dans la ville parce que je n’y vis pas et qu’on ne s’entraîne pas dans cette même ville. On s’entraîne à Saint-Ingbert, c’est collé, à 10 petites minutes de notre stade. Mais à chaque fois que l’on vient dans la ville, on voit les fanions, les drapeaux un peu partout. Le club est l’engouement premier de la ville.

Au niveau des infrastructures, vous semblent-elles au niveau?

C’est… on ne va pas dire catastrophique mais c’est très bas par rapport à ce qu’on va pouvoir avoir ailleurs en Bundesliga. Et c’était presque déjà le cas en Bundesliga 2. On a deux terrains à disposition au centre d’entraînement, mais le vestiaire, c’est du préfabriqué. Petit à petit, c’est de mieux en mieux, mais c’est vrai qu’on part de zéro à la base.

Et c’est pareil pour le stade. Ils ont fini le troisième côté l’année dernière. La quatrième tribune est en train d’être construite, là où il y aura aussi des vestiaires. Donc là, il manque encore un gros morceau. Mais quand celui-ci sera fini (NDLR: début 2027), on aura enfin un stade qui ressemble à ce qu’on trouve à l’extérieur. Il fait actuellement 10.000 places. Je ne sais pas exactement quel est l’objectif à terme. Mais on sera sur une capacité située entre 15.000 et 18.000 spectateurs.

Un vestiaire en préfabriqué “peut-être pas digne de la Bundesliga”

Ça fait quoi de savoir que vous allez recevoir le Bayer Leverkusen, le Bayern Munich, Dortmund dans ce tout petit stade (Ursapharm-Arena an der Kaiserlinde) ?

Ouais… C’est dingue. Et je pense que ça va être encore plus dingue pour nos adversaires. Mais ça fera partie de nos forces aussi. Il faudra peut-être jouer avec ça. C’est vrai qu’il y a le faible nombre de spectateurs. Et surtout les six premiers mois, ils vont avoir un vestiaire peut-être pas digne de la Bundesliga (préfabriqué). Ça va peut-être choquer au début. Mais je pense qu’il faut jouer là-dessus et en profiter. On connaît notre stade, on apprécie de jouer dedans et il y aura nos supporters. C’est le plus important.

Pour en revenir aux exploits de l’équipe: le club évoluait encore en quatrième division en 2021-2022 et sur le papier, il n’y a pas de joueurs connus ou du moins de “noms” du foot européen. Comment expliquer cette ascension fulgurante?

Leur logique a toujours été d’avoir une équipe compétitive, mais sans star on va dire. Et ce, à tous les niveaux, que ce soit maintenant ou dans une plus basse division. Leur objectif, c’est d’avoir une équipe, un groupe, une identité. Il y a un très gros travail de recrutement pour dominer chaque ligue. Bon, là cette saison ça va être autre chose… (sourire). Mais le recrutement depuis que j’y suis a toujours été très intelligent et très maîtrisé, jamais de folie. Et je n’ai pas souvenir de joueurs qui sont venus et qui n’ont pas réussi, pas joué, pas performé. Il n’y a pas d’excédent de joueurs, donc on a besoin de tout le monde. Chacun a son rôle à jouer à un moment ou un autre dans la saison à Elversberg.

Au niveau du style de jeu de l’équipe, à quoi ressemble-t-il?

On est plutôt une équipe offensive qui aime avoir le ballon, repartir derrière avec des principes et un peu de risque. Après, un peu comme toutes les équipes d’aujourd’hui, c’est hybride. On sait aussi faire le dos rond pour jouer la contre-attaque. On sait que c’est une arme qui marche bien aujourd’hui dans le foot actuel : la contre-attaque, la récupération du ballon, se projeter très vite. On a les joueurs qui savent le faire aussi. On essaie d’utiliser toutes les armes possibles du football moderne. En tout cas, sur l’année passée, on a été une équipe plutôt plaisante à voir jouer. Parce qu’il y a du jeu, beaucoup d’allant offensif et d’envie de marquer des buts.

On l’a vu cet été puisque vous avez largement battu Strasbourg (5-2) et Lorient (4-1), ça rassure pour la suite?

C’est sûr qu’en tant que Français qui regarde pas mal la Ligue 1 et notamment Lorient, c’est toujours plaisant de jouer contre eux. Mais on sait très bien que ces matchs amicaux n’ont pas vraiment de vérité sur la saison. Ça peut donner une idée sur le début de saison. Maisil y a beaucoup de choses qui se passent après dans les saisos. C’était aussi bien de jouer contre des équipes différentes de ce qu’on a l’habitude de rencontrer. C’étaient aussi deux effectifs pas tout à fait au complet, avec beaucoup de changements encore. Mais ça reste deux belles équipes de Ligue 1, surtout sur la saison passée. Donc c’est toujours bien.

D’un point de vue davantage personnel, comment en êtes-vous arrivé à signer au SV Elversberg en janvier 2024?

Je savais que j’arrivais à la fin de mon contrat en juin 2024 à Molenbeek. Je savais que ça allait se terminer de toute façon : John Textor venait d’arriver. J’ai eu cette opportunité au SVE en cours de saison. Ça me paraissait évident parce que c’était une étape supplémentaire dans ma carrière, un pas en avant. C’était d’office intéressant. Après, je ne l’ai caché à personne: je ne connaissais pas le club (rire). Parce qu’il venait de monter des divisions. Mais j’ai vite pris les infos. Je connaissais Hugo Vandermersch avec qui j’avais joué à Caen et qui y était. Il m’a dit que c’était un club qui travaillait bien. Ça m’a tout de suite intéressé. J’avais cette envie personnelle de découvrir autre chose, un pays de foot avec un jeu complètement différent et des stades incroyables en Bundesliga 2. Je n’ai pas été déçu en arrivant.

À 31 ans, après avoir évolué à Concarneau, Avranches, l’équipe réserve de Caen et Molenbeek, vous allez découvrir un top championnat européen. C’est une belle histoire non?

Je découvre tout. Tout est incroyable. J’ai hâte de commencer cette saison. En Belgique, je jouais en D1, mais là, c’est quand même un autre niveau (sourire). C’est incroyable… Encore plus à 31 ans et le parcours que j’ai, je suis d’autant plus fier.

Vous allez devoir défendre sur des grands attaquants du football mondial: Harry Kane, Michael Olise, ou même Patrik Schick dès ce week-end. Comment vous sentez-vous?

C’est incroyable… Mais j’ai toujours été plutôt calme, sans vouloir trop me faire d’histoires et de films dans la tête. On ne sait jamais ce qui va se passer. Donc on se prépare pour se mettre au niveau physique de la Bundesliga, ce qui va demander un peu plus. Tant qu’on n’aura pas commencé et qu’on ne sera pas lancé dans le grand bain, ça sera dur de se faire une idée et de se demander si on peut rivaliser ou pas. On verra bien quand on y sera.



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