Vainqueur de la CAN 2019 avec l’Algérie, passé par Lens, Angers et le Paris FC, Mehdi Tahrat annonce la fin de sa carrière professionnelle

Après une dernière expérience en Thaïlande, Mehdi Tahrat a décidé d’arrêter le football de haut niveau, comme il le confie à RMC Sport. Le défenseur central de 36 ans, passé par Lens, Angers ou le Paris FC, a remporté la CAN 2019 et la Coupe arabe 2022 avec l’Algérie. De retour en région parisienne, il souhaite passer du temps auprès de sa famille, tout en préparant activement sa reconversion.
Sa réflexion a mûri au fil des mois passés au pied des reliefs de Kanchanaburi, une région située à l’ouest de la Thaïlande, réputée pour la beauté de ses paysages et son célèbre pont ferroviaire qui traverse la rivière Kwaï. Après une carrière de près de quinze ans, Mehdi Tahrat a décidé de mettre un terme à son aventure sur les terrains professionnels, comme il le confie à RMC. Libre depuis son départ du Sud-Est de l’Asie, le défenseur central de 36 ans ne rempilera pas pour la saison 2026-2027. Un choix plus familial que sportif.
“En janvier, j’aurais 37 ans”, explique le natif des Hauts-de-Seine. “Le football a occupé la majeure partie de ma vie durant toutes ces années. C’est difficile de raccrocher les crampons, d’autant que je m’entretiens physiquement et que je me sens encore en capacité de performer, mais mes parents vieillissent et le temps défile, donc j’ai pris la sage décision d’arrêter ma carrière professionnelle. Je suis rentré m’installer en région parisienne pour me rapprocher des miens. Je ne veux pas regretter de ne pas avoir profité du temps qui me reste avec mes parents.”
Né le 24 janvier 1990 au sein d’une famille originaire de Kabylie, au nord de l’Algérie, Mehdi Tahrat a été formé dans l’Essonne. Il est ensuite passé par la réserve du Losc, avant d’évoluer au Paris FC, au Red Star, à Angers, Valenciennes et Lens. Après un exil au Moyen-Orient, à Abha Club (Arabie saoudite) puis Al-Gharafa SC (Qatar), il est revenu en France sous les couleurs de Troyes, pour finir par une dernière expérience en Thaïlande.
“Lens restera le gros coup de cœur de ma carrière”, glisse-t-il à l’heure du bilan. “Mon seul regret, c’est de ne pas y avoir joué plus de temps (il y est resté une saison en 2018-2019). L’opportunité que j’ai eue de signer en Arabie saoudite était difficile à refuser, vu les conditions financières qu’on me proposait, mais j’ai quitté Lens à contrecœur. C’est le club où je me suis senti le mieux.”
“Des moments gravés à jamais avec l’Algérie”
Son parcours en club lui a permis d’évoluer aussi pendant plusieurs années en équipe d’Algérie, où il compte 19 sélections. Avec en point d’orgue: le sacre en Égypte lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019. “Ce sont des moments qui resteront gravés à jamais”, expliquait-il à RMC Sport en début d’année. “J’ai eu la chance de pouvoir faire partie de cette aventure. À notre retour en Algérie, on a été accueillis dans des conditions qui étaient juste magiques. Ça a été des moments inoubliables pour nous, pour nos familles et pour le peuple. Ça a permis d’apporter cette deuxième étoile sur le maillot. Derrière, j’ai eu la chance de vivre un autre sacre à la Coupe arabe des nations en 2022. On avait un super groupe. On a vécu des moments incroyables sur le terrain et en dehors.”
Avant d’arrêter sa carrière pro, Mehdi Tahrat a pris le soin d’anticiper la suite, avec l’objectif de rester actif et dynamique pour faire fructifier son expérience. Tout en élargissant ses compétences. Même s’il mène d’autres projets en parallèle, le droitier d’1,93m souhaite rester dans le monde du ballon rond. “Je passe actuellement plusieurs diplômes qui vont me permettre de me préparer à ce que j’aimerais faire dans les années à venir”, glisse-t-il.
Il se verrait bien directeur sportif
Dans son viseur, à terme: le poste de directeur sportif. “C’est un rôle qui m’irait bien. J’ai une bonne connaissance du football après toutes ces années de pratique. J’ai cette envie de transmettre et de partager mon vécu avec les jeunes. Malgré notre écart d’âge, j’ai un bon feeling avec la nouvelle génération, je comprends ses codes. J’aimerais apporter mon expertise autour d’une équipe, sans être au bord du terrain. Le métier de coach ne me correspond pas forcément. Je me vois plus en retrait, à des postes un peu plus organisationnels.”
En attendant de trouver de futurs challenges, Mehdi Tahrat ne va pas totalement ranger ses crampons. Le néo-retraité a pris une licence avec Linas-Montlhéry, un club amateur du sud de la région parisienne, qui évolue en National 3. Une manière de continuer à jouer “pour le plaisir” aux côtés de certains encadrants dont il est proche, tout en ayant accès aux coulisses d’une structure sportive, sans pression ni engagement trop contraignant. “C’est le bon compromis”, conclut-il dans un sourire.





