Tebas demande le départ d’Infantino, malgré le retrait du projet d’investissements privés de la Fifa

Président de LaLiga, la ligue professionnelle espagnole, Javier Tebas réclame le départ de Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Malgré l’abandon du projet d’investissements privés de l’instance, Tebas estime que cela ne résout pas “le problème de gouvernance”.
La grogne continue malgré l’abandon par Gianni Infantino de son projet de société commerciale ouverte aux investisseurs privés. Si le président de la Fifa a acté ce samedi les “divisions” engendrées par son idée, le dirigeant suisse apparaît fragilisé à la sortie de cette séquence. Patron de LaLiga, la ligue professionnelle espagnole, Javier Tebas estime que Gianni Infantino “ne doit pas continuer” à diriger la Fifa.
Ces derniers temps, le président de LaLiga multiplie les critiques à l’égard de Gianni Infantino. “Que la FIFA ait retiré sa proposition de privatiser ses compétitions est une bonne nouvelle”, a écrit Javier Tebas sur ses réseaux sociaux. “Mais ce serait une grave erreur de penser que cela résout le problème de gouvernance. “Les confédérations, associations, Ligues, joueurs… ne devraient pas se contenter de ce retrait et considérer l’affaire comme close. La question est bien plus profonde.”
Tebas s’en prend au bilan d’Infantino
À la tête de LaLiga depuis 2013, Javier Tebas est une figure du football européen. L’UEFA n’avait pas hésité d’ailleurs à manifester son hostilité vis-à-vis de ce projet porté par Gianni Infantino, ouvrant la voie à un boycott de la Coupe du monde si ce projet venait à voir le jour. De son côté, Tebas met en avant quelques points du bilan de la Fifa sous la présidence du dirigeant suisse : “Avons-nous déjà oublié le retrait du carton rouge (de Balogun sur demande de Trump, NDLR) à la suite d’une intervention politique ? L’enquête ouverte au Congrès des États-Unis, qui a demandé la comparution de Gianni Infantino pour des faits extrêmement graves ?”
Javier Tebas poursuit dans sa diatribe : “(Avons-nous déjà oublié) le retrait des accusations dans des affaires historiques de corruption au sein de la FIFA ? Les prix scandaleux des billets pour la Coupe du monde ? Les décisions unilatérales concernant le calendrier international, les nouvelles compétitions et les formats, adoptées sans véritable processus de dialogue ni accord avec les parties concernées ?”
“Le football a besoin d’une nouvelle direction”
À la tête du football mondial depuis 2016, Gianni Infantino avait été réélu président de la Fifa en 2019 et 2023. Le dirigeant sera en principe candidat pour un nouveau mandat en 2027. “Le problème n’a jamais résidé dans une proposition en particulier”, a encore estimé Tebas. “Le problème, c’est un modèle de gouvernance qui concentre le pouvoir, affaiblit les contre-pouvoirs et marginalise ceux qui sont directement concernés par ses décisions.”
“Pour toutes ces raisons, je pense que Gianni Infantino ne doit pas rester à la tête de la FIFA”, a conclu Javier Tebas. “Le football mondial a besoin d’une nouvelle direction capable de moderniser sa gouvernance, de restaurer la crédibilité institutionnelle et d’élaborer les décisions d’avenir en concertation avec les acteurs concernés, après en avoir évalué au préalable l’impact sportif, économique et social, plutôt que de les imposer de manière unilatérale. Le retrait d’une proposition n’efface pas tout ce qui s’est passé. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.”





