mais qui pourrait succéder à Gianni Infantino à la tête de la Fifa?

Fragilisé par l’échec de son projet de création d’une société commerciale, Gianni Infantino traverse la plus grave crise de sa présidence. Plusieurs fédérations nationales, ainsi que l’UEFA, souhaitent désormais son départ. Si une élection devait réellement devenir ouverte, qui pourrait lui succéder? Plusieurs noms circulent déjà dans les coulisses du football mondial.
En public, Gianni Infantino ne laisse rien transparaître. Le président de la Fifa poursuit son agenda comme si de rien n’était, tout en multipliant les consultations pour évaluer l’état de ses soutiens à l’approche de l’élection présidentielle prévue à Rabat en 2027 et en prévoyant dans le même temps une possible élection anticipée. Mais en coulisses, le constat est plus inquiétant.
Même au sein de la Fifa, le dirigeant suisse a perdu de nombreux appuis et il cherche désormais toutes les marques de soutien. Depuis l’abandon de son projet de société commerciale, les appels à son départ se multiplient. Au-delà d’une partie de l’opinion publique, plusieurs fédérations nationales réclament un changement de gouvernance.
L’UEFA, de son côté, estime avoir définitivement perdu confiance en lui. Dans ce contexte, les manœuvres ont déjà commencé. Comme à chaque campagne électorale, des noms sont soufflés aux médias pour tester les réactions, tandis que chacun tente de fragiliser d’éventuels concurrents. Plusieurs profils émergent néanmoins avec insistance. Revue d’effectif.
Victor Montagliani, le favori?
Président de la CONCACAF depuis 2016, Victor Montagliani apparaît comme l’un des candidats les plus crédibles pour partir à la conquête de la présidence de la Fifa. Selon plusieurs sources, le dirigeant canadien a commencé à sonder différentes fédérations depuis plusieurs semaines, avant même l’éclatement de la crise autour de la société commerciale. L’opposition ferme de la CONCACAF à ce projet a marqué une rupture avec Gianni Infantino. Si le président nord-américain décidait de franchir le pas, il pourrait bénéficier du soutien d’une partie des fédérations européennes. La réussite de la Coupe du monde 2026 sur son territoire a aussi permis au Canadien de marquer des points. Déjà présent au sein du puissant conseil de la Fifa, Montagliani connaît parfaitement les arcanes de l’instance mondiale.
Aleksander Čeferin, trop dissident?
Le président de l’UEFA est régulièrement cité comme un prétendant naturel à la présidence de la Fifa. Mais le Slovène, qui ne s’est jamais déclaré candidat, ne semble pas aujourd’hui dans la position idéale pour se lancer. Son affrontement ouvert avec Gianni Infantino lui vaut de solides oppositions, notamment en Afrique et en Amérique du Sud, deux continents incontournables dans une élection à la Fifa. Un handicap de taille dans une campagne où chaque voix compte. Certains de ses opposants le trouvent trop éloigné du football mondial pour avoir une chance d’être élu président de la Fifa.
Nasser al-Khelaïfi, un profil parfait?
Son nom a été avancé par plusieurs fédérations ainsi que par des dirigeants de l’UEFA, comme l’avait révélé RMC Sport le 7 juillet dernier. Le président du PSG possède le profil d’un dirigeant influent, capable de rassembler plusieurs acteurs du football mondial et qui a réussi dans le monde du football. Mais cette hypothèse semble aujourd’hui s’éloigner. Un proche du président parisien a récemment assuré à RMC Sport qu’il n’avait aucune intention de briguer la présidence de la Fifa. “Tout ce tapage médiatique, sorti de nulle part, est ridicule: on balance des noms à tout va. Nasser n’a absolument aucune ambition, aucune intention, aucun intérêt, et il continuera discrètement à soutenir toutes les institutions du football mondial et européen”, explique un membre de son entourage. Le message semble clair.
Mattias Grafström, la continuité d’Infantino?
À première vue, son nom surprend. Pourtant, le secrétaire général de la FIFA dispose de soutiens importants, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’institution. Déjà connu des 211 fédérations membres, le Suédois maîtrise parfaitement les rouages administratifs, politiques et financiers de la Fifa. Son profil pourrait séduire ceux qui souhaitent préserver une certaine stabilité sans reconduire directement Gianni Infantino. Son principal handicap reste toutefois sa proximité avec l’actuel président. Bras droit d’Infantino depuis 2016, dont il fut le chef de cabinet avant de devenir secrétaire général, Mattias Grafström incarne davantage une continuité qu’une rupture avec la gouvernance actuelle.
Cheikh Salman ben Ibrahim Al Khalifa, trop d’expérience?
Le président de la Confédération asiatique de football connaît parfaitement les rouages d’une élection présidentielle à la Fifa. En 2016, il avait affronté Gianni Infantino et obtenu 88 voix contre 115 au deuxième tour. Comme Victor Montagliani, il peut aujourd’hui mettre en avant son opposition au projet de société commerciale. Si l’AFC s’était officiellement prononcée en faveur d’Infantino dans un premier temps, plusieurs fédérations asiatiques ont ensuite fait savoir qu’elles ne partageaient pas la position affichée par leur confédération.
Michel Platini, un retour hautement improbable
En 2023, dans un entretien accordé à RMC Sport, Michel Platini avait assuré qu’il ne souhaitait plus revenir dans les instances dirigeantes du football. Trois ans plus tard, l’ancien président de l’UEFA n’a pourtant pas ménagé Gianni Infantino sur les antennes de RMC en 2026. “Infantino est un très bon secrétaire général, un bon numéro 2, mais pas un bon numéro 1. (…) Je ne pense pas qu’il soit bon en politique. C’est un bon administratif, mais il n’est pas charismatique et je ne pense pas qu’il dise des bonnes choses. (…) Il a toujours été fan des gens riches et qui ont du pouvoir. Il a toujours été comme ça, même quand il était secrétaire général”.
Malgré l’influence qu’il conserve auprès de nombreux dirigeants du football mondial, un retour de Michel Platini apparaît aujourd’hui très improbable. Son nom continue d’être évoqué, mais il semble désormais en retrait de la bataille qui pourrait s’ouvrir pour la présidence de la Fifa dans les prochains jours. Même si ces derniers jours, Michel Platini a pris le temps de contacter le patron de l’UEFA, la semaine dernière, pour le féliciter de sa prise de position contre le projet de Gianni Infantino.





