L’OM a-t-il déjà été “aussi faible” au XXIe siècle?

Sans moyens financiers et avec un effectif limité, l’OM vit un début de saison très compliqué avec quatre défaites de rang qui suscite une grande inquiétude. Ce n’est pas la première fois au XXIe siècle au sein du club.
Des bonnes intentions, quelques promesses mais un cruel constat d’impuissance. Comme le laissait redouter un mercato à zéro recrue, l’OM vit un début de saison catastrophique avec quatre défaites consécutives, dont la dernière en date jeudi contre le Besiktas (4-1) en Ligue Europa. Et il doit maintenant recevoir le PSG…
Si le onze de départ type (remanié en Turquie) garde un certain standing, au moins à l’échelle du championnat de France, le manque de profondeur de l’effectif fragilise cette équipe, punie par sa naïveté et sa grande fragilité collective. “C’est désespérant, un néant absolu”, a analysé Daniel Riolo, éditorialiste de l’After Foot, jeudi. “Je ne vois pas un point positif. Pour moi, cette équipe dégageait tout le temps la faiblesse, le manque de confiance et l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Ils (les joueurs de Besiktas) les ont massacrés. C’était terrible à voir. Je me demande si j’ai déjà vu un OM aussi faible.” Vraiment? Au XXIe siècle, le club a pourtant traversé quelques périodes de turpitudes. Dont il s’est sorti avec plus ou moins de réussite.
2000-2001: trois entraîneurs et des coulisses animées
À la sortie d’une saison compliquée (15e en 1999-2000), l’OM entame en 2000 sa mue avec les départs de Robert Pirès, Peter Luccin et Stéphane Dalmat et le recrutement de George Weah, Ballon d’or 1995. Mais la saison vire au fiasco avec quatre entraîneurs se succédant sur le banc, Abel Braga, Christophe Galtier (pour un bref intérim), Javier Clemente et Tomislav Ivić. Elle sera marquée par la fronde des supporters contre l’actionnaire Robert Louis-Dreyfus et des guerres intestines chez les dirigeants. Bernard Tapie avait fait son grand retour comme directeur sportif mais l’exercice s’était soldé par une embarrassante 15e place et un maintien arraché de justesse.
2004-2005: la difficile transition après Drogba
Finaliste de la Ligue Europa après un parcours sublimé par Didier Drogba, l’OM entame la saison 2004-2005 orphelin de son attaquant-star envoyé à Chelsea par sa direction contre un gros chèque. L’OM réinvestit le pécule sur plusieurs recrues (Péguy Luyindula, Eduardo Costa, Benoît Pedretti , Fabrice Fiorèse, Habib Bamogo) et attire même un deuxième champion du monde 1998 avec Bixente Lizarazu (après Fabien Barthez). Mais le Vélodrome ne se remet pas du départ de Drogba et le style insipide ne fait rien pour arranger les choses. Malgré cela, une nouvelle valse d’entraîneurs (José Anigo, Albert Emon, Philippe Troussier) et un audit commandé à l’ancien boxeur Louis Acariès, les résultats sont plutôt corrects et l’OM reste en embuscade pour le podium avant de se prendre les pieds dans le tapis avec une série neuf matchs sans victoire qui le conduit à une cinquième place sans saveur.
2012-2013, le miracle d’Elie Baup, “Monsieur 1-0”
Après trois saisons et six titres, Didier Deschamps quitte son poste d’entraîneur à l’été 2012 sur fond de conflit larvé avec José Anigo et pour prendre les rênes de l’équipe de France. Nommé pour le remplacer, Elie Baup doit composer avec les limites de recrutement imposées par la DNCG. L’effectif amputé par plusieurs départs (Alou Diarra, Cesar Azpilicueta, Stéphane Mbia), le technicien signe des miracles en arrachant la deuxième place du championnat derrière le PSG. Mais pour le spectacle, il fallait passer son chemin avec un jeu minimaliste qui illustrait la très faible marge de l’équipe sur ses adversaires. Cet OM restrictif avait acquis 18 de ses 21 victoires en Ligue 1 par un but d’écart, dont douze 1-0, terminé avec la 14e attaque du championnat et la différence de buts de +6, invraisemblable pour un deuxième. Mais nul doute que Bruno Genesio signerait pour un scénario semblable.
2015-2016, le coup de tonnerre Bielsa
Malgré le départ d’André-Pierre Gignac pendant l’été, l’OM aborde la saison 2015-2016 avec des ambitions gonflées à bloc par le football total pratiqué par Marcelo Bielsa lors de l’exercice précédent, achevé à la 4e place. Mais le soufflé retombe brutalement dès la 1re journée quand l’entraîneur argentin démissionne après une défaite à domicile contre Caen (0-1), remonté contre la volonté de la direction de voir à la baisse sa prolongation de contrat. La suite fut une longue pénitence pour les supporters marseillais avec le fiasco Michel sur le banc puis la promotion de Franck Passi comme intérimaire jusqu’à la fin de la saison achevée à la 13e place. Elle s’était conclue sur un pénalty manqué de l’Anglais Steven Fletcher à Troyes (1-1) qui aurait permis à Marseille de finir à une plus honorable 9e place. En termes d’effectif, la saison avait aussi été marquée par les départs d’André Ayew, Rod Fanni ou Dimitri Payet, et un aller-retour de Florian Thauvin. Côté arrivées, l’OM avait dû faire avec des Karim Rekik, Georges-Kevin N’Koudou, Mauricio Isla, Lucas Silva ou Paolo De Ceglie. Il y avait toutefois eu un phare dans la tempête: la bonne pioche Lassana Diarra.
2019-2020, dauphin sans séduire
Engagé dans aucune Coupe d’Europe, l’OM mise sur André Villas-Boas pour se relancer. Mais le Portugais doit composer avec un effectif limité, renforcé par Alvaro Gonzalez, Dario Benedetto et Valentin Rongier. Malgré une entame poussive (une défaite, un nul), un classique bazardé face au PSG (4-0) et des relations tendues entre Dimitri Payet et Florian Thauvin, le Portugais hisse l’OM à la deuxième place du championnat sans trop séduire. Elle sera validée après l’arrêt de la compétition en raison de la pandémie du coronavirus. AVB avait claqué la porte un mois et demi sur fond de conflit avec Pablo Longoria, alors directeur sportif, en lui reprochant un mercato sans concertation avec ses souhaits.





