la presse européenne soulagée par la victoire de l’Espagne face à l’Argentine

Alléchante sur le papier, la finale de la Coupe du monde 2026 entre l’Espagne et l’Argentine a offert un spectacle assez pauvre, conclu en prolongation par une Roja désormais deux fois championne du monde (1-0). Dans son ensemble, la presse internationale s’endort sur un sentiment de justice footballistique face à l’antijeu argentin.
L’Espagne va donc avoir une deuxième étoile sur son maillot. Arrivée aux Etats-Unis avec le statut de favorite de la compétition, la Roja a confirmé les attentes placées en elle en remportant la finale de la Coupe du monde face à l’Argentine (1-0) ce dimanche, en prolongation à New York. Une victoire qui ravit de nombreux titres de presse après la performance jugée indigne de l’Albiceleste.
“Les rois de tous les temps!!!”, titre Marca, avec trois points d’exclamation. Outre la célébration du “héros” Ferran Torres”, le journal espagnol salue un résultat final qui, selon lui, relève d’une certaine justice: “Il ne s’agissait pas seulement de gagner le Mondial, il s’agissait de sauver le football“, estime Juan Ignacio Garcia-Ochoa dans sa chronique pour le quotidien sportif madrilène. “Il y a eu un moment, au milieu de ce déluge de ruses et autres tactiques déloyales de l’Argentine, où le match ressemblait à une invitation à abandonner tout ce qui avait mené l’Espagne en finale. Il aurait été facile de craquer, de réagir, de jouer un autre jeu. Heureusement, l’Espagne n’a pas cédé à la tentation.”
“Ce n’était donc pas une crise d’allergie mais une fièvre footballistique intense”
L’autre quotidien madrilène, AS, joue la carte du bonheur nostalgique: “Comme la première fois”, titre le journal sur son site, qui ne manque pas au passage de tacler la “lamentable double agression de Paredes sur Garcia et Gavi”. “Où étions-nous le 19 juillet 2026? On pourra se le demander dans quelques années”, écrit Hector Martinez, qui personnalise sa chronique: “La réponse est assis devant l’ordinateur, évitant d’appuyer sur un t à la place d’un r. Et raide comme une planche, victime d’une allergie que le médicament pris à 9h du matin n’a pu soulager… ce n’était donc pas une crise d’allergie mais une fièvre footballistique intense.”
Du côté de la Catalogne, on se réjouit de voir huit joueurs du Barça revenir au club avec un sacre de champions du monde dans les valises. Notamment un certain Ferran Torres, au coeur de rumeurs de départ depuis plusieurs semaines et qui rentre en héros, en tant que seul buteur de la finale. Un but? Non, une “morsure de requin”, titre Sport, en référence au surnom de l’attaquant.
“Le football en sort grandi”
En Angleterre aussi, on se satisfait de cette victoire. “L’Espagne remporte la Coupe du monde grâce au triomphe du football sur l’infamie argentine”, titre le Daily Telegraph. “Football 1, délinquants 0”, ajoute le journal en entame de son article principal. “Il a fallu une prolongation pour en arriver là mais Dieu merci, le sport a gagné. L’Espagne a remporté la Coupe du monde et nous en sortons tous grandis. Le football en sort grandi. Il fallait que l’Espagne gagne cette finale.”
Souvent amateur de polémiques, le Daily Mail consacre la Une de son site à la violente altercation entre Leandro Paredes et deux joueurs espagnols, Gavi et Eric Garcia: “La finale de la Coupe du monde s’achève dans la violence au coup de sifflet final”, écrit le tabloïd, parlant de “scènes affreuses”. Tout en saluant le but victorieux de Ferran Torres qui offre une “fin cruelle” à Lionel Messi. Le Times juge que “la méthode espagnole a battu la folie argentine”, sans manquer de souligner la tactique “négative” de l’Albiceleste et sa “réticence à marquer”.
“Les nouveaux rois”, titre l’Equipe, qui salue le contenu déployé par la Roja malgré les attitudes adverses: “L’Espagne a largement dominé une rencontre décevante et hachée, au cours de laquelle elle aura malgré tout su imposer son rythme, ses intentions et son football de possession, sans jamais reculer ni se renier.” Pour le Parisien, “l’Espagne met le monde à ses pieds”: avec un tel scénario, une telle domination face à une équipe argentine qui n’avait pas envie de jouer, difficile de trouver des déçus du sacre de la Roja. “L’Argentine dégoupille, Messi s’effondre, les Espagnols exultent”, résume Ouest-France, quand le Figaro parle d’un “contrôle tital de la Roja” et d’Argentins “misérables”.
“Voir l’Argentine l’emporter aurait été une insulte au football”
“L’Espagne. Forcément l’Espagne. Inévitablement l’Espagne. Seule l’Espagne pouvait gagner cette finale”, écrit en Italie la Gazzetta dello Sport. “Parce que voir l’Argentine l’emporter aurait été une insulte au football.” Tuttosport salue la prestation d’ensemble des Espagnols, qui ont “dominé de bout en bout” les 120 minutes de match. “Le collectif l’a emporté sur le soliste, le génie, l’artiste”, écrit la Stampa au moment de dire au revoir à Lionel Messi après sa prestation “bien triste”.
En Allemagne, où le début de soirée a été consacré à l’annonce quasi officielle de Jürgen Klopp de son arrivée sur le banc de l’équipe d’Allemagne, on salue la “récompense tardive” des Espagnols. “La superstar espagnole, Lamine Yamal, a remporté le duel des générations face à Lionel Messi”, écrit Bild, qui titre aussi sur le pétage de plombs de Leandro Paredes et les “scènes de violence” de l’après-match. Chez Kicker, on cherche encore à comprendre cette “Argentine étonnamment faible” et on se projette déjà sur cette Espagne qui “est loin d’avoir dit son dernier mot” et n’a “pas encore atteint son apogée”.





