Euro 2024, Coupe du monde 2026… Est-on parti pour assister à un long règne de l’Espagne au niveau international ?

Avec sa victoire face à l’Argentine (1-0 a.p.) dimanche, l’Espagne vient de réaliser le doublé Euro-Coupe du monde. Ces deux titres consécutifs témoignent de la mainmise actuelle de la Roja sur le football mondial. Et les journalistes espagnols, eux, sont convaincus que ce n’est pas près de s’arrêter.
“L’Espagne règne sur le monde, une réalité que son football traduisait déjà et que la Coupe du monde a confirmé”. À l’image du journal catalan la Vanguardia, la presse espagnole a multiplié les éloges à l’égard de sa sélection après sa victoire face à l’Albiceleste en finale du Mondial 2026. Après avoir déjà remporté l’Euro 2024, la Roja est clairement la meilleure sélection du monde. Mais combien de temps va durer cette domination? Impossible de le savoir. En revanche, pour les journalistes espagnols, il y a plein de raisons de penser que l’équipe de Luis de la Fuente va briller pendant longtemps.
“Des joueurs qui n’ont qu’entre 18 et 23 ans”
“Bien sûr que l’Espagne peut continuer à dominer le football mondial. Premièrement parce que cette équipe est jeune. Elle a des joueurs qui n’ont qu’entre 18 et 23 ans. Dans quatre ans, lors du Mondial en Espagne, au Portugal et au Maroc, ces joueurs seront techniquement à maturité sportive”, affirme Juan Jose Dorado, correspondant à Paris pour le groupe média espagnol La Region. Avec des joueurs comme Lamine Yamal (19 ans), Pau Cubarsi (19 ans) ou encore Gavi (21 ans), la Roja a effectivement de quoi tenir plusieurs années.
En revanche, elle doit aussi prendre en compte le vieillissement de certains cadres dont Rodri (30 ans), Mikel Oyarzabal (29 ans), ou même Aymeric Laporte (32 ans). “On peut les remplacer” rétorque Juan Jose Dorado. Avant de poursuivre: “L’Espagne n’a pas utilisé les 26 joueurs qui étaient aux États-Unis. Luis de la Fuente en a utilisé une vingtaine, mais pas les 26. Par exemple, dimanche soir, Zubimendi est rentré en cours de jeu pour remplacer Rodri. Donc il y a de la relève derrière.”
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L’Euro U19, preuve de l’avenir radieux
Et dimanche, cette relève ne se trouvait pas uniquement sur le banc face à l’Argentine. Il y a deux semaines à peine, le 10 juillet, l’Espagne a remporté l’Euro U19 avec une domination tonitruante: 19 buts marqués et 0 encaissé lors de toute la compétition. C’est un motif de plus pour ne pas craindre la perte de certains joueurs un peu plus âgés.
“Certes, il y aura un renouvellement générationnel, mais les jeunes talents qui montent en puissance frappent fort à la porte. Ils ont remporté de nombreux titres dans toutes les catégories d’âge, dont ce championnat d’Europe. Il y a aussi une excellente équipe espoirs, avec des joueurs comme Gonzalo García (22 ans, Real Madrid), Marc Bernal (19 ans, FC Barcelone) et le défenseur central Jon Martín (20 ans, Real Sociedad)”, détaille Fernando Tavero, journaliste pour le quotidien AS.
Lamine Yamal peu décisif ? Pas d’inquiétude
Les pépites du football espagnol sont donc nombreuses, à l’image de l’éclosion de Lamine Yamal il y a deux ans lors de l’Euro 2024. L’ailier espagnol n’a toutefois pas été aussi brillant qu’attendu lors de cette Coupe du monde. Mais, une nouvelle fois, pour la presse espagnole, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. “Il n’a que 19 ans. Et n’oublions pas qu’il est arrivé blessé dans ce Mondial et qu’il manquait de rythme. On peut se poser des questions. Mais quand vous regardez de près, par exemple lors de la finale, Luis de la Fuente a eu des mots très forts pour Yamal. Parce qu’il lui avait demandé de jouer un rôle qui n’était pas le sien, de défendre très bas, de courir énormément et peut-être de moins dribbler qu’il n’en a l’habitude parce qu’il devait jouer pour l’équipe. C’est quelqu’un qui peut se montrer parfois arrogant, c’est son style à lui. Mais il a montré qu’à 19 ans seulement, il est capable de jouer pour l’équipe et de se sacrifier”, justifie Juan Jose Dorado.
Pas de signaux négatifs en vue donc pour la Roja. Les journalistes espagnols se mettent alors à rêver, à l’image de Fernando Tavero. “La qualité du football espagnol est spectaculaire, et je pense qu’ils seront en lice pour remporter le prochain Euro et pour prolonger ce cycle, tout comme l’ont fait les champions de 2008, 2010 et 2012”, conclut-il avec sérénité.





