coup de fil de Zidane, expérience dans le vélo et à Sochaux... le rêve éveillé du nouveau podologue des Bleus du foot - FlaNotícias
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coup de fil de Zidane, expérience dans le vélo et à Sochaux… le rêve éveillé du nouveau podologue des Bleus du foot


C’est un nouveau poste dans le staff médical, qui n’existait pas sous Didier Deschamps. Marc Rétali explique que Zinedine Zidane a donné les clés du médical au docteur Hervé Collado et voulait un podologue. Collado a donc contacté celui qui avait déjà travaillé 20 ans avec Sochaux en foot et des équipes cyclistes (Cofidis, Groupama FDJ, Decathlon-CMA CGM…). Pour RMC Sport, le nouveau podologue de Kylian Mbappé et des Bleus raconte ce moment incroyable.

Aviez-vous candidaté pour le poste?

Je n’ai fait aucune demande de rien et j’ai été sollicité. Effectivement j’ai été surpris, j’ai cru à une blague au début.

Quelle était la connexion?

Zinedine Zidane a nommé un médecin qui s’appelle Hervé Collado, à qui il a donné la mission de faire un staff médical. Il voulait un podologue au sein de l’équipe pour les accompagner, chose qui n’existait pas sous cette forme jusqu’à présent. Hervé Collado est le président de la société française de traumatologie du sport, il est très impliqué là-dedans. Il se trouve que j’ai roulé un peu ma bosse en podologie du sport dans différentes structures. Il a triangulé ce qui était possible sur le marché, c’est lui qui m’a contacté pour me dire au départ qu’il avait un projet, sans me dire quoi. Il voulait savoir si j’étais volontaire ou pas, c’était secret-défense. J’ai donné mon accord pour faire un truc avec lui. De fil en aiguille, ça s’est fait comme ça.

Vous le connaissiez personnellement avant?

On s’est croisés dans des congrès mais pas plus que ça. La traumatologie du sport, c’est un petit monde, forcément ce sont toujours un peu les mêmes têtes. Hervé Collado, en tant que président de la société française de traumatologie du sport, tout le monde le connaît, c’est un peu le Zidane des médecins. On se connaissait sans avoir plus de rapports que ça.

Quand on vous dit que c’est pour les Bleus de Zidane, ça met une claque?

Au départ, je crois que c’est une blague, je me dis que ce n’est pas du tout possible. Il me dit “non ce n’est pas une blague”. C’est plutôt surprenant.

Marc Rétali, podologue dans le staff de l'équipe de France de foot, 13 août 2026
Marc Rétali, podologue dans le staff de l’équipe de France de foot, 13 août 2026 © RMC Sport

Quel rapport avez-vous au foot et à l’équipe de France?

Je pense qu’on a tous les mêmes rapports. Zinedine Zidane, c’est un monument national pour nous tous, on a tous une histoire avec France 1998. Moi j’ai 50 ans, j’avais une vingtaine d’années. C’est historique pour nous. Dans mon métier, c’est quand même une relative consécration. On fait ce métier de traumatologie du sport pour ce type d’actions, c’est clairement l’endroit où j’ai toujours voulu être.

Votre mission est-elle ponctuelle ou est-il prévu que vous soyez là tout le temps?

Pour l’instant c’est être là tout le temps. Il veut un podologue résident, qui les accompagne partout pour pallier les problématiques qu’il pourrait y avoir en situation de compétition notamment. C’est complètement nouveau. Je me suis occupé du FC Sochaux pendant 20 ans: on faisait les bilans d’avant-saison, on mettait les appareillages en place et on voyait les joueurs au coup par coup quand il y avait besoin. Mais là il faut être en permanence avec eux parce qu’effectivement, en situation de compétition, il peut se passer des choses qui peuvent coûter des ressources en termes de joueurs et qu’il faut pouvoir adapter.

Concrètement, ça peut être Mbappé qui vous dit “c’est ma semelle, ma chaussures”…

Ça peut être quelque chose comme ça, ça peut être une pathologie de pied. La particularité de l’équipe de France, c’est qu’ils ont déjà des staffs médicaux dans leurs clubs. Mbappé ne m’a pas attendu pour s’occuper de ses pieds et de sa posture, c’est déjà fait dans son club à lui. Il se trouve qu’il y a des choses qui peuvent être nouvelles, qui peuvent arriver en stage ou en rassemblement. Il y a des problématiques de chaussures ou d’appuis, des pathologies ou des problèmes posturaux. Le pied, c’est la base de l’empilement articulaire de ce qu’il se passe au-dessus et quand on a un problème récurrent fonctionnel, on peut passer par le pied en modifiant l’équilibre du corps pour avoir une action.

Tout se fait en lien avec kinés, osthéos…

Exactement, sous la direction du chef d’orchestre, qui sera le médecin du staff et donnera ses préconisations. L’expérience que j’en avais, c’est qu’on fait des staffs où chacun présente ce qu’il a à proposer et après on prend une décision thérapeutique que le médecin coordonne.

Votre premier pas dans le foot, c’était donc Sochaux…

Oui c’est ça, pendant plus de 20 ans. On a eu de belles années à Sochaux avec la Coupe d’Europe, ça a été un peu plus compliqué derrière. Les choses se sont un peu étiolées mais c’est la première fois, avec Sochaux, où il y avait un vrai podologue dans le staff, je partais en stage avec eux. On équipait ces pathologies fonctionnelles quand on avait des problèmes récurrents. Cela ne s’était pas fait beaucoup à l’époque. Surtout que j’amenais la capacité, comme ce sera le cas en équipe de France, à faire les semaines directement sur place. Je suis accompagné par un labo de podologie français. C’est encore à discuter avec la FFF pour savoir comment ça va se passer mais ça permet de réaliser les semelles directement sur place. Ça n’existait pas avant et c’est une super idée, c’est extrêmement efficace, en terme de prise en charge, de pouvoir réagir tout de suite. Le labo prête des machines qui permettent de faire des moulages et semelles orthopédiques. C’est ce que j’ai fait pendant des années dans le vélo, parce que je me suis occupé de Cofidis, de la Groupama-FDJ, là j’étais chez Decathlon CMA-CGM. Quand on partait en stage à l’étranger, en Espagne, en Belgique, j’amenais le matériel.

Comment avez-vous rejoint le staff de Sochaux?

C’était en 2003. A ce moment-là je ne connais pas Sochaux. Le club est à l’hôtel, dont les patrons sont des patients à moi à l’époque. La patronne entend, en servant à boire, une discussion autour du pied de Pagis. Le staff médical de l’époque se demande comment régler ce problème parce qu’ils n’ont pas de solution sous la main. La patronne de l’établissement dit “je connais quelqu’un qui s’occupe de nous, il est à côté, on doit pouvoir s’occuper de ça”. On m’a donc envoyé Pagis, qui avait un problème basique en plus pour un podologue, que j’ai soulagé et de fil en aiguille ça s’est passé comme ça. Le médecin m’a dit “on a quelques problèmes de pied avec d’autres joueurs, ce serait bien que tu les vois”. J’ai fini par entrer là-dedans. Le but du jeu était de n’appareiller que ceux qui avaient des soucis, il ne s’agit pas de faire tout pour tout le monde mais de répondre à la demande. Cela s’est installé jusqu’à ce qu’il y ait un suivi automatique: les belles années, tout le monde passait entre les mains du podologue. J’étais détaché, je partais en stage avec eux, à l’époque on allait à Evian. J’ai connu plein de coachs différents, j’avais un cabinet de podologie mobile.

Suiviez-vous des sportifs professionnels avant?

Je voyais déjà plein de sportifs dans mon cabinet mais c’était la première fois que j’étais intégré dans un staff récurrent. On parle de problèmes positionnels mais il y en a d’autres de conflit avec les chaussures, la période de la reprise avec les chaussures neuves… plein de pathologies, de petits bobos à traiter, ou même des coups qui sont pris sur le pied. Ce sont des pathologies qui, quand elles arrivent au mauvais moment, peuvent coûter cher. il faut qu’on puisse répondre à ça. C’est l’intérêt du nouveau staff, de se dire “on va mettre un nouvel outil dans la boîte à outil pour pallier ce type de problèmes.

Et dans le cyclisme?

Mon boulot à moi, ça n’a jamais été sur le Tour de France mais en amont, pour la préparation du Tour. Il s’agissait de régler des problèmes positionnels parce que la particularité du vélo, c’est qu’on a les pieds bloqués sur les pédales donc toutes les asymétries de fonction s’expriment beaucoup plus que dans la vie de tous les jours. Après la grosse période du dopage, les équipes françaises qui voulaient être propres voulaient proposer des alternatives au dopage avec des solutions différentes. La podologie, l’analyse posturale sur le vélo, c’était une solution pour soulager des douleurs fonctionnelles sans avoir recours à des choses interdites. Je suis rentré dans des équipes de France de vélo, on a fait des publications, des preuves scientifiques de l’amélioration des performances sous l’effet des semelles orthopédiques… un vrai travail de fond qui a ouvert des brèches. Parce que ça n’existait pas, à l’époque on n’avait pas la notion de l’impact de la composante fonctionnelle sur la performance.

Les footballeurs ont-ils l’habitude de voir des podologues?

Oui, dans leurs clubs, ils ont déjà des suivis orthopédiques particuliers, soit avec des podologues indépendants, soit avec des labos. Ils sont déjà très très suivis. En plus les internationaux français jouent pour des grands clubs, le suivi médical est déjà optimisé à la base. C’est ce qui va être un peu différent dans ma pratique: c’est le cas aussi pour les kinés, les osthéos, on a des gens qui sont déjà suivis, et bien suivis. Il faudra saupoudrer des choses au coup par coup et s’adapter à ça. Après, ce n’est pas parce que les joueurs sont toujours suivis qu’il n’y a pas des choses à côté desquelles on est passé. On pourra sécuriser toutes les petites choses qui pourraient être passées à travers.

Zinedine Zidane lors de sa présentation avec l'équipe de France le 28 juillet 2026
Zinedine Zidane lors de sa présentation avec l’équipe de France le 28 juillet 2026 © Photo par LOU BENOIST / AFP

Préparez-vous déjà le stage? Y a-t-il déjà eu des briefings?

On fait attention à ce qu’on dit. il y a déjà des dates prévues, c’est en route. De mon point de vue, c’est un peu comme la veille de Noël: on attend juste que la nuit soit passée pour aller voir les cadeaux. C’est pareil, je suis très impatient. Tout le staff est neuf. J’ai fait beaucoup de staffs sportifs et d’équipes différentes, ça va être la première fois qu’on aura un staff qu’avec des nouveaux. Il y a une vraie logique intéressante de commando, tout le monde va être dans le même bateau parce qu’on sera tout neufs. C’est très exaltant. Le foot, c’était mon sport quand j’étais gamin, on passe de l’autre côté du miroir donc il y a tout un contexte qui s’ouvre. J’ai une grande admiration pour Didier Deschamps et tout son travail. Et là, rentrer dans le staff de Zinedine Zidane… c’est un monument pour nous les Français! Rentrer dans son staff, c’est un peu comme si le Général de Gaulle vous appelait pour aller faire une mission spéciale. Il (Zidane) a tenu à appeler tous les gens de son futur staff personnellement. Là j’ai vraiment cru que c’était une blague. Bon son accent est reconnaissable entre mille… c’était vraiment lui.

Propos recueillis par Valentin Jamin



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