à la Fifa, la grogne des salariés contre Gianni Infantino monte
Depuis la fin de la Coupe du monde, la Fifa traverse une véritable zone de turbulences, marquée par le lancement avorté de la société commerciale voulue par Gianni Infantino. En interne, les salariés de l’instance interrogés par RMC Sport observent cette séquence avec consternation. Certains réclament désormais ouvertement un changement à la tête de la Fédération internationale.
Ce sont les “petites mains” de la Fifa, salariés et free-lances, qui ont permis l’organisation de la Coupe du monde 2026 dans les délais. Déployés sur les différents événements de l’instance aux quatre coins du monde, mais aussi dans ses bureaux répartis sur plusieurs continents, ils ont suivi avec inquiétude les révélations de nos confrères du Times sur le projet de société commerciale de la Fifa et les remous qui ont suivi. RMC Sport a recueilli les témoignages, anonymat oblige pour ne pas mettre en péril leurs carrières, de plusieurs employés afin de mesurer l’état d’esprit au sein de la plus grande instance sportive internationale.
“On adore le football, c’est notre vie, et là on passe pour les tueurs du football à cause d’une personne”, souligne un employé de l’instance, tout juste rentré en Europe après plusieurs semaines passées aux États-Unis. S’il reconnaît que “plusieurs séquences” durant la Coupe du monde 2026 ont pu “heurter” le grand public, il estime néanmoins que la Fifa “avait limité la casse.” Mais, selon lui, l’épisode de la société commerciale “a été la séquence de trop.” Les décisions prises par une seule personne, Gianni Infantino, sont très mal vécues par plusieurs salariés contactés. “Il nous fait honte, je le dis très froidement, c’est la honte totale”, poursuit cette personne qui travaille au siège de la Fifa à Zurich.
“Nous n’avons plus notre mot à dire sur les décisions du quotidien”
“Nous avons une discussion WhatsApp avec d’autres personnes qui travaillent à la Fifa, je n’ai vu aucune personne soutenir ce qu’il a fait”, explique un cadre de l’instance mondiale auprès de RMC Sport. Et de poursuivre: “Il faut bien comprendre qu’on est de plus en plus sur un fonctionnement où nous n’avons plus notre mot à dire sur les décisions du quotidien, on doit juste exécuter.” Les employés interrogés convergent vers le même constat: ils souhaitent un changement de gouvernance au sein de l’instance.
Pour certains, ce changement doit intervenir le plus rapidement possible, avant même le grand congrès prévu à Rabat en mars 2027. Au-delà du fiasco de la société commerciale, c’est plus largement l’évolution de la culture interne de la Fifa qui nourrit leur colère. “On passe pour une fédération internationale qui ne pense plus qu’à l’argent, on a un président qui a fait des milliers de kilomètres dans un jet privé pendant la Coupe du monde et qui a un train de vie digne d’un milliardaire, et vous pensez vraiment que le football est prioritaire et qu’on donne une bonne image aux passionnés de football?”, questionne ce salarié de l’instance internationale depuis plusieurs années.
La démission de Carlos Cordeiro, principal conseiller de Gianni Infantino, a fait longuement parler entre les salariés de l’instance. La prise de parole de Kevin Lamour, numéro trois de la Fifa et très apprécié au sein de l’instance, a été très bien accueillie par les salariés interrogés. La question que tout le monde se pose désormais dans les bureaux de la Fifa à travers le monde est assez simple: Gianni Infantino est encore président de la Fifa à l’instant T, mais jusqu’à quand? La question n’a, pour le moment, pas de réponse.






