“De mieux en mieux” pour les Barcelonais, “honteux” selon les Madrilènes… comment l’Espagne juge le Mondial de Yamal
Dans une Espagne toujours divisée par le clubisme, même en période de Coupe du monde, les performances de Lamine Yamal ne font pas l’unanimité lors du Mondial 2026. Auteur d’un but en phase de groupe, le Barcelonais a sûrement signé son meilleur match en quart de finale, juste avant d’affronter les Bleus ce mardi en demi-finale.
Même lorsque la Roja dispute la deuxième demi-finale de Coupe du monde de son histoire, ce mardi contre la France, impossible de se débarrasser du clubisme. Alors quand la star du Barça, et star de la sélection, n’enchaîne pas les grands matchs, les supporters madrilènes se déchaînent contre lui.
“Yamal c’est l’inverse de Mbappé! Bon en club mais pas au Mondial. Il n’a pas envie de jouer, je ne l’ai toujours pas vu courir. Son Euro était génial, mais sa Coupe du monde est honteuse”, s’exclame Guillermo, supporter du Real.
Depuis deux ans, les maillots de la sélection floqués Lamine Yamal fleurissent jusque dans la capitale espagnole, mais le moindre faux pas coûte cher. “Je n’aime pas Lamine parce qu’il joue au Barça, mais là-bas au moins il joue très bien! Avec la sélection il n’a pas la même aisance” juge Pedro, un supporter aux abords du Bernabéu. “Pour moi son mondial est mauvais, ajoute son ami Miguel. J’ai l’impression qu’il n’a pas d’idées. Lamine Yamal doit être un meilleur leader et mener l’équipe. Il n’a que 19 ans et ira mieux à l’avenir, mais pour l’instant il n’y est pas”, tranche le supporter du grand rival madrilène.
“Son meilleur match était au tour précédent”
“C’est plus compliqué pour un joueur du Barça d’être accepté par les gens comme un leader de l’équipe, que pour un joueur du Real“, analyse Roger Saperas, journaliste à la radio catalane RAC1. “Il y a toujours une lutte entre ces deux mondes, du Real et du Barça, mais ils doivent vivre ensemble parce que c’est leur seule option durant le Mondial”, sourit-il, sans manquer de rappeler que les Blaugrana comptent huit joueurs dans l’effectif mondialiste, contre un seul du Real Madrid (Marc Cucurella, nouvelle recrue).
En Catalogne, pas question d’être aussi sévère avec le prodige Lamine Yamal, qui vient de fêter ses 19 ans. “C’est une Coupe du monde où il est clairement de mieux en mieux. Il faut garder en tête qu’il était blessé en fin de saison, et qu’il est entré progressivement dans cette équipe. Son meilleur match était face à la Belgique au tour précédent. Il progresse et je crois qu’on n’a pas encore vu sa meilleure version”, estime Roger Saperas.
C’est d’ailleurs ce qu’espère son sélectionneur Luis de la Fuente, au micro de la Cadena SER ces derniers jours: “Le meilleur match de Lamine est à venir dans ce Mondial. Il est très motivé, il faut simplement qu’il canalise un peu son anxiété pour ne pas se laisser submerger. C’est un processus d’apprentissage, des choses qu’ont déjà vécues Mbappé ou Haaland par exemple. Il va laisser sa marque d’ici la fin de la Coupe du monde.”
Yamal s’était révélé face aux Bleus en 2024
Un espoir dont la Roja aura besoin face aux Bleus. “Tous les jours il y a des articles en Espagne sur lui, où ils espèrent qu’il aura son match référence face à la France”, raconte Julien Escudé, ancien international français basé à Madrid, et invité de l’émisson Rothen S’enflamme sur RMC à la veille de la demi-finale France-Espagne. “Il a la motivation de jouer la France en demi-finale, et c’est là qu’il doit montrer que c’est un grand joueur.”
Il y a deux ans, c’était déjà en demie, et déjà face aux Bleus, qu’il s’était définitivement révélé aux yeux du grand public lors de l’Euro. Après l’ouverture du score tricolore, Lamine Yamal avait égalisé d’une superbe frappe lointaine et guidé les siens vers la victoire.






