La fin d’un cliché? Non, la Ligue 1 n’est pas le grand championnat où les joueurs formés au club jouent le plus
Une étude du CIES a mis en lumière le pourcentage de minutes jouées cette saison par les joueurs dans leur club formateur. Malgré sa réputation de tremplin pour jeunes, la Ligue 1 n’est pas le meilleur des cinq grands championnats.
Double tenant du titre de la Ligue des champions, le PSG a envoyé un nouveau signal fort à l’Europe avec sa démonstration contre Villarreal en Ligue des champions. Et pour le plus grand plaisir des supporters franciliens, deux Titis ont marqué pendant le récital offensif de l’équipe entraînée par Luis Enrique: Senny Mayulu et David Boly.
Lui aussi formé au club, Quentin Ndjantou est également rentré pour disputer le dernier quart d’heure en C1. Mais au lendemain de cette large victoire du leader de Ligue 1, une étude du CIES confirme que cette utilisation des jeunes formés localement ne constitue pas une réalité au quotidien dans le championnat de France.
>> Revivez le carton du PSG contre Villarreal (6-0)
Malgré la réputation de former et de lancer de nombreux jeunes en leur accordant un temps de jeu conséquent, les clubs de l’élite ne le font pas autant qu’on pourrait l’imaginer. Depuis le début de l’exercice 2026-2027, seules 9,9% des minutes disputées en Ligue 1 l’ont été par des joueurs formés dans le club pour lequel ils jouent.
Un total en baisse par rapport aux cinq saisons précédentes (12,6%) et qui traduit, selon l’observatoire du football, de la politique de trading de joueurs mise en place par les équipes. Face aux difficultés économiques, les clubs de L1 ont dû vendre de plus en plus tôt leurs jeunes talents avant même la fin de leur formation ou de leur post-formation voire sans vraiment leur offrir de temps de jeu en championnat.
Le Havre lance ses jeunes, un dernier surprenant en L1
Huitième club de première division en termes de pourcentages de minutes accordées aux passés par son centre de formation, le PSG est très loin du premier club en la matière. Peut-être contraint et forcé par sa situation économique et des moyens limités, Le Havre a ainsi accordé 27,9% de minutes à ses talents maison. Une volonté d’offrir une vraie place aux jeunes qui n’a pas porté ses fruits pour le moment, avec toujours aucune victoire cette saison.
Derrière les Normands, et malgré une stratégie mercato axée sur la data, Toulouse occupe une belle deuxième place avec 24,9% alors que Lens complète le podium (17,7%) juste devant Nice (17%). Forts des nouvelles ambitions de leurs propriétaires, Strasbourg et le Paris FC pointent aux 16e et 17e rangs de cette étude avec respectivement 3,1% et 1,9% de temps de jeu accordé aux joueurs formés chez eux.
Mais à la dernière place du classement, et cela peut surprendre tant le club possède la belle réputation de façonner des talents, on retrouve Rennes avec seulement 1,5% de minutes jouées par des joueurs formés au club cette saison. En clair, si la formation rennaise se porte bien, ce qui a pu s’illustrer lors du dernier rassemblement des Bleus de Zinédine Zidane, c’est avec des joueurs partis briller ailleurs.
La Liga au sommet de l’Europe, l’Angleterre mauvais élève
Et à l’image de Rennes, dont la réputation d’offrir du temps de jeu à ses jeunes pousses a pris un peu de plomb dans l’aile cette saison en Ligue 1, le championnat de France n’est pas le premier des cinq grands championnats européens. Loin devant les 9,9% de la L1, la Liga semble une experte en ce domaine avec 19,8% de minutes jouées par des footballeurs avec leur club formateur. Un total en augmentation (+2,5%) par rapport aux cinq derniers exercices et qui, il faut bien l’avouer, est bien aidé par les politiques de certaines équipes comme l’Athletic Bilbao (59,7%), la Real Sociedad (36,9%) ou encore le Barça (32,9%).
Sans surprise compte tenu des moyens financiers des équipes, la Premier League est le dernier des cinq principaux championnats européens (et troisième pire dans le monde) en matière de joueurs évoluant avec leurs clubs formateurs (5%) alors que la Serie A (6,4%) et la Bundesliga (6,4%) font à peine mieux.
Pourcentages de minutes jouées dans son club formateur dans le Top 5
- Liga avec 19,8%
- Ligue 1 avec 9,9%
- Bundesliga et Serie A avec 6,4%
- Premier League avec 5%
En dehors du top 5 européen, les D1 turque et chypriote (avec respectivement 2,6% et 3,9%) sont les mauvais élèves en la matière avec un temps de jeu limités pour les joueurs avec leurs clubs formateurs. Avec 22,5%, l’Australie trône au sommet du classement devant le Paraguay (22,3%) et l’Argentine (21,6%).
Et pour ce qui est des clubs, il faut regarder du côté des Pays-Bas pour voir l’AZ Alkmaar mettre en avant ses jeunes avec 66,8% de minutes jouées par des talents passés par son centre de formation.






