Abline, Balogun, Fati… Derrière Brunner, la concurrence fait rage pour composer l’attaque
Avec le retour de suspension de Paris Brunner, Filipe Luis dispose pour la première fois de la saison, ce dimanche face à Lille (15h), de l’ensemble de son armada offensive. Un casse-tête pour l’entraîneur monégasque mais aussi pour les défenses adverses.
Enfant terrible du foot allemand, Paris Brunner confirme qu’il est bien plus qu’un tube de l’été en Principauté. Comme un ouragan, il a bousculé la hiérarchie des attaquants grâce à son talent. Avec huit buts en neuf rencontres sur ce début de saison, l’espoir de 20 ans fait parler son talent. L’ASM a d’ailleurs remporté huit de ses neuf matchs (un nul) lorsqu’il est sur le terrain. Sans lui, Monaco vient de s’incliner à Lorient (1-0) et de faire nul à domicile contre Toulouse (2-2).
C’est “un garçon qu’il faut aussi parfois canaliser”, admet un habitué de La Turbie, à l’image de sa célébration à Strasbourg, dans un élan de folie après un but sublime, qui lui a valu deux matchs de suspension. “Je regrette ce que j’ai fait, et je le prends comme une leçon pour le futur” reconnait Paris Brunner qui s’est contenté de la Conference League (deux buts et une passe décisive en deux matchs) et de l’Allemagne U21 (deux buts en trois matchs) pour briller.
Espoir allemand, il est convoité avec insistance par la RDC
Son attitude a parfois pu agacer en Principauté, un brin “nonchalant” pour certains, “ingérable” selon d’autres, il est en train de se donner une nouvelle image: celle d’un finisseur redoutable. Avec des buts parfois venus d’ailleurs, comme contre Marseille, Strasbourg ou Fribourg, Paris Brunner marque les esprits. “Comment il se crée le but, c’est vraiment exceptionnel”, applaudit son coéquipier Jordan Teze. “Comme on dit dans le vestiaire, il est en pétard.”
Les anciens du groupe, Eric Dier et Denis Zakaria notamment, l’ont pris sous leurs ailes cet été et il leur rend bien. International Espoirs allemand, Brunner peut encore faire le choix de la République démocratique du Congo, pays de sa mère. Le sélectionneur Sébastien Desabre a d’ailleurs rencontré dernièrement son entourage avec l’espoir de pouvoir compter sur lui en novembre.
En train de se racheter une image et de barrer la route à ses concurrents
Champion du monde et champion d’Europe avec l’Allemagne U17 en 2023, élu meilleur joueur de ces deux tournois, Paris Brunner a malgré cela écorné son image outre-Rhin. Le contraste entre son talent et son attitude ne plaît pas, son précédent club le Borussia Dortmund l’a suspendu à deux reprises pour des raisons disciplinaires.
Il avait notamment quitté l’hôtel du club en pleine nuit lors d’un stage du BVB. Après un prêt discret au Cercle Bruges (6 buts en 28 matchs) et une première saison sur le Rocher avec seulement sept apparitions, il est venu le temps de son éclosion.
Biereth le grand perdant, Balogun, Fati et Minamino les revenants, Abline le nouveau, Golovin le polyvalent…
“Nous sommes beaucoup devant, mais c’est une bonne chose pour le travail,” observe Matthis Abline. “Ça nous oblige à être à 100% au quotidien parce qu’on a tous envie de jouer.”
La recrue la plus chère de l’été en Principauté peut s’appuyer sur sa polyvalence pour continuer à avoir du temps de jeu. Idem pour les revenants Fati et Minamino, mais aussi Golovin, dans un registre différent, moins avaleur d’espace. Biereth et Balogun sont finalement les grands perdants jusqu’alors.
Le premier déclassé sportivement, le second retrouve seulement ses aptitudes physiques après une gêne contractée au Mondial et un mercato perturbé. Avec tous ses offensifs disponibles, hormis Idumbo touché au psoas, Filipe Luis se sent d’attaque: “C’est une bonne chose, car un coach a avant tout besoin d’avoir de la qualité dans son effectif pour s’adapter au scénario du match”.
“Le risque est que ceux qui jouent moins se démobilisent”
“Cela crée de l’incertitude chez l’adversaire et leur permet d’avoir des joueurs frais à chaque rencontre”, glisse un agent avant de mettre en garde. “Le risque est que ceux qui jouent moins se démobilisent et tirent le groupe vers le bas.”
“Personne ne se plaint”, rassure Filipe Luis. “Même si aucun joueur aime ne pas jouer, ils comprennent parce qu’ils voient ce que leurs coéquipiers font sur le terrain pour mériter leur place.”
Le technicien brésilien avait d’ailleurs mis en garde au début de son mandat: “Si quelqu’un n’est pas au niveau, il est rétrogradé. Cela a toujours été comme ça dans mon esprit. Vous devez mériter de jouer, peu importe votre nom, votre passé ou votre âge, vous devez prouver toutes les semaines! Et si je pense qu’il faut jouer sans attaquant car c’est le mieux pour l’AS Monaco, je le ferai.”






