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les deux supporters accusés de violences envers Moffi et Boga totalement relaxés



Après leur défaite à Lorient le 30 novembre 2025, les joueurs de l’OGC Nice avaient connu un retour émaillé de graves incidents provoqués par des supporters en colère, au cours desquels Terem Moffi et Jérémie Boga avaient été blessés. Les deux anciens Aiglons avaient porté plainte, mais ils n’ont pas obtenu gain de cause.

Le 30 novembre 2025, après une défaite de l’OGC Nice à Lorient (3-1), plus de 200 supporters niçois étaient venus exprimer leur mécontentement au retour des joueurs et avaient bloqué leur bus devant l’entrée du centre d’entraînement du club. Parmi ces supporters: Anthony D., 32 ans et Mohamed C., 42 ans, qui ont exercé des responsabilités au sein du groupe ultra de la “Populaire Sud”.

Ce soir-là, les deux hommes, bien connus des responsables de la sécurité du club, ont été autorisés à monter dans le bus, où ils ont assuré aux joueurs, non sans véhémence et vulgarité, que les supporters souhaitaient seulement discuter sans violence. Ils n’ont cependant pas porté eux-mêmes de coups ce soir-là et assurent avoir agi pour apaiser la situation.

Les joueurs et membres de l’encadrement de l’OGC Nice ont alors, à pied, fendu la foule au milieu de dizaines de supporters virulents, dont beaucoup étaient venus cagoulés, pour rejoindre les locaux du club. Certains joueurs ont franchi la haie sans encombre, d’autres ont subi des crachats, des insultes et une bousculade violente. Le lendemain, Terem Moffi et Jérémie Boga ont porté plainte. Tous deux avaient été placés en arrêt de travail après cette nuit chaotique, faisant état de crachats, coups de poing et de pied au corps ainsi que dans les parties intimes, et d’insultes, parfois racistes.

“Aucune violence n’a été constatée”

Le parquet de Nice avait requis initialement des peines de deux ans de prison dont un ferme contre Mohamed C., et deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt contre Anthony D., ainsi que la révocation d’un an de sursis probatoire de l’une de ses précédentes condamnations pour des violences en lien avec le football. Des “réquisitions lourdes” avec “une volonté de marquer le coup de la part du ministère public”, selon l’avocat de la défense Me Rudy Cohen, mais “ce dossier ne s’y prêtait pas”.

Les deux hommes ont finalement été relaxés, aussi bien pour l’accusation “d’association de malfaiteurs”, pas constituée, que pour la “violence sur joueurs”. “Tout ça pour ça. Il y avait peut-être une volonté de condamner les ultras. Fort heureusement, le tribunal correctionnel a ordonné l’audition des policiers à notre demande. Ça a changé la couleur du dossier”, a réagi Me Rudy Cohen à l’annonce du jugement. “Treize des quinze policiers ont été entendus. Aucune violence n’a été constatée. Les policiers, un journaliste et un agent de sécurité ont dit que les deux ultras montés dans le bus appelaient au calme. On s’attendait à ce délibéré, on s’en satisfait.”

“Les parties civiles ont cherché à instrumentaliser la justice”

La plupart des 15 policiers présents ce soir-là n’ont pas fait état de coups – assurant qu’ils seraient intervenus si cela avait été le cas -, et les deux joueurs, marqués psychologiquement, ne présentaient pas de lésion physique. Le procureur Damien Martinelli a néanmoins fait valoir que les violences et humiliations étaient avérées et estimé qu’il s’agissait d’un “guet-apens”. Cela n’aurait pas eu lieu, selon lui, sans l’intervention des deux prévenus pour convaincre les joueurs de descendre du bus.

“Si violence il y a, les véritables auteurs n’ont pas été identifiés”, avait plaidé Me Mathurin Lauze, avocat d’Anthony D. Condamner les deux hommes reviendrait à “tuer le dialogue” et à dire aux supporters virulents “venez cagoulés”, avait insisté Me Rudy Cohen, avocat de Mohamed C.

“Les parties civiles n’étaient pas présentes”, insiste ce dernier. “Elles ont cherché à instrumentaliser la justice, sûrement pour obtenir un transfert, quitter une situation défavorable dans leur club. Mais elles ont refusé d’être entendues par la police quand le tribunal l’a ordonné.”

Jérémie Boga et Terem Moffi n’ont plus rejoué pour l’OGC Nice après cette nuit explosive. Ils avaient souhaité la rupture de leur contrat mais la tentative de conciliation avec le club azuréen n’avait pas abouti, avant d’être respectivement transférés à la Juventus Turin et à Hambourg.



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